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© E. Bartolucci

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Direction artistique :
Christophe Fiat [France]
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Christophe Fiat
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La Jeune fille à la bombe


Résidence de création >> Travaux de résidence



Résidence à la Halle aux cuirs (Petite salle) du 07 mai au 18 juin 07

 

 

 

"Cinq acteurs pour raconter l’histoire de Nathalie Moore. Ça commence par des vacances en Franche-Comté et ça finit par un combat entre femmes à Paris. Entre temps, il y a une étape à Genève, en hélicoptère qui va révéler la vraie nature des loups garou. Sur scène, on voit une guitare électrique orange, un ampli Marshall, cinq micros Shur sm 58 sur des pieds avec des câbles enchevêtrés comme dans un studio de radio, un écran de cinéma et une femme avec une caméra qui va et vient, parce qu’aujourd’hui, filmer absorbe tout dans une boîte noire. C’est où cette absorption opère, que le récit se constitue comme épopée, sorte de fiction idéologique à prendre pour ce qu’elle est : une distanciation humoristique qui reconstitue historiquement notre époque comme si elle était très lointaine.

Le recours à la reconstitution passe par l’évocation de personnages romanesques (Paul Sheldon, Harry Hell, Bill Paradise, Natacha Felcherinow et le groupe punk les Kidnappers Guys et Louise Moore, sœur de Nathalie) et de personnages médiatiques (Stephen King, Mary Higgins Clark, Jacques Mesrine, le Commandant Massoud), mais aussi par une narration qui privilégie la prise en compte de faits d’actualité comme l’explosion nucléaire de Tchernobyl, l’activité des services de renseignements policiers français (Alliance Base) et américains (CIA), le terrorisme post 11 septembre 2001, la fascination pour le monde des stars du cinéma, les prélèvements ADN. Ici la boîte noire de la caméra n’est ni anecdotique, ni métaphorique mais elle renforce la vision paranoïaque de la société. En l’absence d’imaginaire, le recours à la paranoïa permet de rester lucide sur les effets totalitaires de l’impérialisme contemporain qui atteint les personnages de La jeune fille à la bombe dans leur être.

Il faut reconstituer pour dérégler le contrôle social qui s’exerce sur nous en repositionnant les personnages comme autant de figures embarrassantes (parce que sans psychologie, seuls les comportements sont privilégiés) et contaminantes (les interactions l’emportent toujours sur la banalité subie du quotidien).

Si les cinq acteurs ne jouent pas sur l’illusion comique ou tragique, mais jouent seulement à lire leur texte en tenant devant eux les feuillets de l’histoire de Nathalie Moore, c’est aussi pour insister sur l’idée que seules des voix intimes et personnelles, timbrées subjectivement - qu’elles soient des monologues ou polyphoniques - peuvent encore nous sauver de l’épouvante. A un moment, deux danseurs dansent pour s’échapper et on entend aussi un chant lyrique qui laisse penser à une issue heureuse, mais ça arrive trop tard, tout est joué et tout finit très mal. Mais il y aura quand même des survivants.

Entre esthétique rock, poésie sonore et théâtralité inspirée de l’Art Performance, ce travail tente de reconstituer la folie de notre époque en posant deux questions : de quoi devons-nous avoir peur ? Des terroristes ou de ceux qui prennent des mesures de basse police pour les combattre ?"
Christophe Fiat

 

Un extrait de La jeune fille à la bombe est paru dans La revue internationale des livres et des idées, numéro de mai-juin 2008 www.revuedeslivres.net

http://www.residencesvillette.com/images/stories/artistes/fiat%20en%20sc%E8ne.jpg

Christophe Fiat est écrivain, performeur et metteur en scène. La jeune fille à la bombe, créée au 61ème Festival d’Avignon, est sa troisième pièce avec acteurs, après La reconstitution historique créée au Théâtre de la Bastille (2006) et Si Carrie White n’était pas une héroïne de Stephen King, elle serait terroriste créée au Festival 100 Dessus Dessous à La Villette (2006). Pour lui, la mise en scène et l’adaptation de ses textes pour les performances est un dépassement de la littérature par l’excès, mais aussi une manière d’interpeller le spectateur en qui il veut toucher l’auditeur et le lecteur. Il fait aussi de nombreuses performances solos comme Stephen King Stories (61ème Festival d’Avignon, 2007), Isadora Duncan est une danseuse crackée (5ème édition Villette 100 dessus dessous, La Villette, Paris), Comédie musicale, AZF mon amour (CDC, Toulouse 2004), Trois ritournelles live (Festival Montpellier Danse, 2003) et aussi des performances radiophoniques comme Courtney Love is revenge (France Culture, 2008). Il a publié une dizaine de livres en dix ans, dont cinq aux éditions Al Dante (Ladies in the dark, New York 2001, Épopée une aventure de Batman, Héroïnes, La reconstitution historique - une aventure de Louise Moore) et deux aux éditions Léo Scheer (La ritournelle, Bienvenus à Sexpol). Il dirige avec le graphiste Vincent Menu, la revue d’art et de littérature Mission Impossible : www.revueMI.com. Il a collaboré avec les artistes Thomas Hirschhorn, Christelle Lheureux, Alexandra Périgot, Massimo Furlan. Prochain livre à paraître en octobre 2008 : KING (Éditions du Seuil).

Photos: © E. Bartolucci

Production Cloudbusters

Coproduction Festival d’Avignon, Parc de la Villette (Paris) – Résidences d’Artistes 2007, Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Île-de-France)

Avec le concours du Ministère de la Culture et de la Communication (dicream), le soutien de Montévidéo (Marseille) ; avec l’aide à la création du Centre national du Théâtre

Remerciements à Pascale Cassagnau, Hubert Colas, David Ruffel, Lionel Ruffel et Jean-Marc Monterra pour l’enregistrement de Kidnappers Guys’ Song à Montévidéo.

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